Somalie : la réponse humanitaire s'est intensifiée mais la situation reste «grave», selon l'ONU
La réponse humanitaire en Somalie, où une sécheresse historique fait planer la menace d'une famine, «s'est intensifiée» mais la situation reste «grave», a estimé mercredi 26 octobre le représentant spécial de l'ONU dans le pays, James Swan. Début septembre, le Coordinateur des affaires humanitaires de l'ONU, Martin Griffiths, avait prévenu que ce pays pauvre et instable de la Corne de l'Afrique était au bord de la famine. Sans une action urgente, une famine pourrait être déclarée «entre octobre et décembre», avait-il alerté, dans un «ultime avertissement» avant une catastrophe. 213.000 personnes en grand danger de famine Selon l'ONU, 7,8 millions de personnes, soit près de la moitié de la population somalienne, ont besoin d'aide humanitaire, dont 213.000 sont en grand danger de famine. Parmi elles, environ 6,5 millions ont bénéficié d'une aide, a souligné James Swan lors d'une conférence de presse. «Ce nombre a augmenté de manière très significative depuis le début de l'été», notamment grâce à «des contributions supplémentaires très substantielles de donateurs (...), de l'ordre de 800 millions de dollars», a-t-il déclaré. «Tant en termes de disponibilité des ressources que d'intensification de la réponse, les nouvelles sont plutôt positives. Mais dans le même temps, nous sommes confrontés à une situation où, en raison de la sécheresse persistante et d'une population relativement fragile dans de nombreuses régions, (...) les risques restent importants», a-t-il poursuivi. Sécheresse historique La Somalie connaît une sécheresse historique, avec quatre saisons de pluies défaillantes depuis fin 2020 et une cinquième s'annonçant similaire, qui a ravagé les cultures et décimé le bétail. Depuis janvier 2021, 1,1 million de personnes ont quitté leur foyer, en quête d'eau et de nourriture, selon l'ONU. Mardi, de retour d'une visite en Somalie et dans le nord-est du Kenya également frappé par la sécheresse, le Haut-commissaire de l'ONU aux réfugiés Filippo Grandi a appelé les donateurs internationaux à «poursuivre (leur) effort». «Une partie (de la famine) a été contenue mais ce n'est pas un effort qui peut s'arrêter. Si ça s'arrête maintenant, nous reviendrons à une situation très dangereuse avec des personnes qui meurent, particulièrement des enfants, en grand nombre», a-t-il déclaré depuis la capitale kényane Nairobi.
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