Washington devra assumer «toutes» les conséquences si Pelosi va à Taïwan, avertit Pékin

Washington devra assumer «toutes» les conséquences si Pelosi va à Taïwan, avertit Pékin La Chine considère l'île de Taïwan comme partie intégrante de son territoire. Une mise en garde : la Chine a averti mercredi 27 juillet que les États-Unis devront assumer «toutes les conséquences» d'une visite potentielle de la cheffe des députés américains Nancy Pelosi à Taïwan, sur fond de tensions sino-américaines. Ces propos interviennent avant un appel téléphonique prévu ces prochains jours entre le président chinois Xi Jinping et son homologue américain Joe Biden. Tensions Chine-Etats-Unis Les sujets de friction entre Pékin et Washington se sont multipliés ces dernières années: mer de Chine méridionale, influence croissante de la Chine en Asie-Pacifique, guerre en Ukraine ou encore Taïwan. La Chine estime que l'île, peuplée de 24 millions d'habitants est l'une de ses provinces historiques, même si elle ne contrôle pas le territoire. Pékin s'oppose à tout contact officiel entre Taïwan et d'autres pays. Le gouvernement chinois a accru la pression militaire et diplomatique contre l'île depuis l'élection en 2016 d'une présidente taïwanaise, Tsai Ing-wen, issue d'un parti indépendantiste. En parallèle, les tensions Chine-Etats-Unis se sont également renforcées avec plusieurs ventes d'armes américaines à Taïwan et la visite sur l'île de responsables politiques américains venus offrir leur soutien aux autorités taïwanaises. Nancy Pelosi, cheffe de la Chambre des représentants et à ce titre l'un des plus hauts personnages de l'État américain, envisage malgré tout de se rendre à Taïwan le mois prochain, selon des informations de presse. Elle n'a pas confirmé si elle effectuerait bien ce voyage, mais elle a dit penser qu'il était «important pour nous d'afficher un soutien à Taïwan». Controverse La Chine avait prévenu lundi qu'elle se «tenait prête» à répondre à une telle visite. Pékin a réitéré mercredi lors d'un point presse régulier sa «ferme opposition». «Si les États-Unis s'obstinent à défier la ligne rouge de la Chine» avec cette visite à Taïwan, ils «feront face à de fermes mesures en réaction et devront en assumer toutes les conséquences», a averti un porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian. Il répondait à une question sur des informations de presse selon lesquelles l'armée américaine augmenterait son activité en Asie-Pacifique en cas de visite de Nancy Pelosi. Ce potentiel déplacement à Taïwan n'est pour l'heure qu'une hypothèse et fait débat au sein même du gouvernement américain. Fait inhabituel, Joe Biden a lui-même noté la semaine dernière que l'armée américaine jugeait que cette visite n'était «pas une bonne idée». La controverse est malvenue pour le président américain en raison de l'appel avec Xi Jinping, présenté comme imminent. Elle intervient aussi au moment où le dirigeant le plus puissant de Chine depuis des décennies se prépare à renforcer son pouvoir lors du congrès du Parti communiste qui se tiendra plus tard cette année. Taïwan bénéficie d'un large soutien au Congrès américain et les menaces de Pékin n'ont fait que susciter des appels à Nancy Pelosi à maintenir son voyage. «Provocantes» Interrogé mercredi sur l'éventuelle venue de Nancy Pelosi, le premier ministre taïwanais Su Tseng-chang s'est borné à dire qu'il était ouvert à toute visite «d'invités étrangers amicaux». «Nous sommes très reconnaissants à la présidente Pelosi pour son soutien et son amitié envers Taïwan au fil des ans.» Taïwan bénéficie d'un large soutien au Congrès américain et les avertissements de Pékin n'ont fait que susciter des appels à Nancy Pelosi à maintenir son voyage. Les Etats-Unis, comme l'immense majorité des pays au monde, ne reconnaissent pas Taïwan comme un pays. Mais Washington soutient fortement l'île, mettant en avant son statut «démocratique», et reste le plus important partenaire et fournisseur d'armes de Taipei. Voyant dans cet activisme américain une atteinte à sa souveraineté, la Chine a accru la pression contre Taipei ces dernières années. Afin d'affirmer ses prétentions de souveraineté sur l'île, elle a ainsi envoyé à de nombreuses reprises des avions militaires dans la zone d'identification de défense aérienne («Adiz») de Taïwan - loin toutefois des côtes taïwanaises. Le patron de la CIA, Bill Burns, a récemment dit que la question n'était plus de savoir si la Chine allait envahir l'île, mais «quand et comment».