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Afghanistan: pourquoi la Turquie veut-elle obtenir la gestion de l'aéroport de Kaboul? Alors que le pays est désormais aux mains des talibans, le départ des Américains pose la question de la gestion de l’aéroport international de Kaboul, une infrastructure essentielle pour acheminer l’aide humanitaire. La Turquie est en pleine négociation avec les talibans à ce sujet. Ces derniers ont proposé au pays du président Recep Tayyip Erdogan de gérer l’aéroport. Si un tel accord est conclu, le chef de l’État turc espère en tirer plusieurs avantages sur la scène internationale. Pourvu que les talibans les laissent assurer elles-mêmes la sécurité des civils qui s’occuperont de la logistique de l’aéroport de Kaboul, les autorités d’Ankara se disent prêtes à remplir cette mission risquée. Lorsque la presse locale les interroge sur leurs motivations, les responsables turcs expliquent qu’il s’agit de faire en sorte que l’Afghanistan « ne soit pas coupé du monde moderne et civilisé », de « maintenir les canaux politiques et économiques ouverts » et « d’aider le peuple afghan, un peuple frère ». Redorer le blason turc La Turquie espère, certes, des retombées économiques. Mais ici, ce n’est pas ce qui anime au premier chef Recep Tayyip Erdogan. Un peu comme il l’a fait l’an dernier en Libye, le président turc veut imposer son pays comme un acteur incontournable sur la scène régionale, notamment dans le monde musulman. Il cherche aussi à redorer son blason auprès des Etats-Unis et au sein de l’Otan, dans l’espoir d’en tirer des bénéfices sur la scène intérieure, où son parti, l’AKP, est en mauvaise posture. Limiter les migrations Il s’agit enfin, en aidant l’Afghanistan à ne pas sombrer dans le chaos, de limiter autant que possible les mouvements migratoires que la victoire des talibans ne manquera pas de provoquer.